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SI NOUS
N'AVIONS QUE LA DEMOCRATIE QUE L'ON MERITE ?
Quand les citoyens se
comportent en sujet il ne faut pas être surpris que les élus se
comportent en monarque.
Les débordements de nos élus conduisent beaucoup
de nos concitoyens à exprimer leur rejet de la classe politique comme
l'ont confirmé les élections présidentielles. Et si nous n'avions que
les élus et la démocratie que l'on mérite ! En effet, l'immense majorité
des français considèrent qu'ils ont fait leur devoir de citoyen
lorsqu'ils ont voté et payé leurs impôts. Ils transforment ainsi la
République en monarchie élective. Face à ce comportement de sujet, il ne
faut pas être surpris que les élus, souvent professionnels de la
politique, comme les rois, décident selon leur bon plaisir.
Or, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, préambule de
notre Constitution déclare "que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des
droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la
corruption des gouvernements". Elle précise "la Société a le droit de
demander compte à tout agent public de son administration" .... "Les
Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes, ou par leurs
représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir
librement, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité,
l'assiette, le recouvrement et la durée."
Ainsi, les principes fondamentaux de notre démocratie définissent que
les Citoyens délèguent des pouvoirs aux "agents publics" et aux élus et
peuvent
demander des
comptes aux uns et aux autres. Comme ils ne le font
presque jamais, il ne faut pas s'étonner que les uns et les autres en
profitent, comme d'autres sous l'ancien régime, pour agir afin que la
Loi, expression de la volonté générale, ne soit pas la même pour tous,
pour que les dignités, places et emplois publics ne soient pas attribués
selon les capacités, vertus et talents et qu'ils soient réticents à
communiquer les comptes qui leurs sont confiés.
Pour que ce contrôle démocratique puisse avoir lieu, il faut que nos
concitoyens apprennent à faire la distinction entre l'électeur, qui peut
être partisan, et le Citoyen qui doit être intransigeant. Il faut aussi
que l'école de la République ne se contente plus de faire de
"l'éducation civique" qui a pour objet de former à la soumission sociale
par l'apprentissage du respect des hiérarchies en place. Il faut qu'elle
forme les futurs Citoyens pour qu'ils soient à même de contrôler les
délégations confiées aux élus et aux fonctionnaires.
La formation à la citoyenneté doit initier à la lecture des budgets
publics, mais aussi au Droit afin que chacun connaisse la Loi pour
s'assurer que nos "maîtres" la respectent eux aussi. Cette nouvelle
approche de l'Etat de Droit donnerait un nouveau sens à l'expression
chacun est sensé connaître la loi qui, jusqu'alors, a surtout été
utilisée pour la faire respecter par le peuple si peu souverain. Ainsi
instruits de leurs Droits et Devoirs, les Citoyens pourront veiller à ce
que Le principe de toute souveraineté réside dans la nation et que nul
corps, nul individu n'exerce d'autorité qui n'en émane expressément.
Courrier d’un Président d’association libre et citoyen
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