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L'EGLISE SAINT-MICHEL

HISTORIQUE

L'Eglise Saint-Michel se dresse au cœur de la vieille ville de Menton face à la mer. Sa façade de style baroque est flanquée d'un campanile de 53 mètres, son parvis pavé de galets blancs et noirs est décoré aux armes des Grimaldi.

Menton existe depuis le milieu du XIIIe siècle. La première église est citée dans un acte de 1302 (serment de fidélité prêté par les Mentonnais au Seigneur Antoine Vento). Le curé en est Guillaume Bernard. Dans les textes cette église apparaît comme le centre de la vie communale, les parlements qui sont les réunions des chefs de famille, s'y tiennent pour prêter serment de fidélité au Seigneur.

Les Seigneurs viennent y proclamer les statuts et privilèges. Lucien Grimaldi siège sur une estrade devant l'église en présence d'un parlement de 177 chefs de famille. L'église est aussi le lieu de réunions pour la proclamation d'actes politiques. L'église est enfin le lieu de sépulture des Seigneurs. Jean Grimaldi, Catalan Grimaldi et Lambert Grimaldi expriment le désir de reposer en l'église Saint-Michel.

Aucun texte ne précise l'emplacement exact de l'église médiévale. La cité se groupait autour du château bâti en haut de la colline, l'église devait se trouver dans sa proximité. La seule certitude que nous possédions est son vocable, dès les origines elle est vouée à Saint-Michel, Saint vénéré dans le diocèse de Vintimille dont dépendait l'église de Menton.

Des éléments archéologiques existent sous l'église actuelle. Un angle de mur orienté Est-Ouest servant de fondation à l'actuelle chapelle des âmes du purgatoire, est construit en pierres de taille, appareillées comme celles du mur du château, ces pierres sont érodées par les intempéries.

L'église dut être reconstruite aux XIV et XVe siècles, ou simplement agrandie pour les besoins d'une population plus nombreuse. Elle nous est connue par un dessin du XVIIe, orientée Est-Ouest, le clocher se dressant au-dessus du chœur, à l'emplacement de l'actuelle tour de l'horloge. L'église est encore de petites dimensions, 3 ou 4 travées en voûtes d'arête dont quelques traces sont encore visibles derrière les chapelles gauches de l'église actuelle.

Honoré II qui fut le premier à porter le titre de Prince de Monaco veut transformer Menton en petite capitale. Les travaux d'urbanisation commence par la construction d'une grande et belle église. La première pierre est posée le 27 Mai 1619 en présence de l'Evêque de Vintimille, Monseigneur Nicolas Spinola.

De nombreuses difficultés vont surgir lors de l'édification de cette vaste construction, difficultés financières et techniques. Pour financer les travaux les syndics, les conseillers et la communauté, réunis en parlement décidèrent à plusieurs reprises de lever des impôts exceptionnels. En 1640 ils décident de prendre sur les récoltes de citrons, devin, et d'huile 1/40edes revenus et ce pendant 20 ans. Aussi les travaux ne débutèrent pas en 1619 mais 20 ans plus tard, en Mai 1639.

 

La direction des travaux est confiée à un architecte génois, maître Laurent Lavagna. Les difficultés techniques étaient nombreuses. Il fallait établir une surface suffisamment large pour la base de l'église. Il fallait continuer à assurer le culte et l'ensevelissement. Maître Lavagna dispose de l'espace de l'ancienne église et celui délimité par les murs de l'enceinte du Val du Fossan. L'ancien édifice est donc arrasé, pour les soubassements du côté Nord, l'architecte appuie ses fondations sur le rocher et pour la base du côté Ouest, il utilise la « Redoute de Saint-Antoine ». Le long de la rue des écoles Pies se dressent encore les murs de ce fortin qui protégeait la porte de la Ville, les embrasures des meurtrières pour les bombardes sont encore visibles à l'angle Est-Ouest. Quanta la pratique religieuse, une des théories porterait sur l'utilisation d'une ancienne salle de garde du fortin Saint-Antoine. Cette salle au sous-sol de l'église actuelle, aurait pu être aménagée en chapelle, le fond est voûté en cul de four comme une abside.

Les travaux sont menés rondement, en 1653 l'église est ouverte au culte et le 8 Mai 1675 Monseigneur Maur de Promontorio, Evêque de Vintimille, vient la consacrer, en grande solennité en présence du Prince Louis 1er de Monaco, de tous les dignitaires, de sa cour et de tout le peuple.


L'église n'est pourtant pas achevée, le nouveau campanile est construit en 1701, la construction est confiée à Emmanuel Cantone, architecte monégasque, Barthélémy Caisson, fondeur à Nice, fabrique les nouvelles cloches. La coupole du clocher est achevée le 20 Avril 1703. La façade restera inachevée jusqu'au début du XIXe siècle. Elle devait être peinte en trompe l'œil comme la façade de l'église Saint-Nicolas de Monaco. En 1819 une nouvelle façade est érigée, grâce aux libéralités de Joseph Faraldo. Composée dans l'esprit du XVIIe, un ordre colossal rythmé par 4 paires de colonnes à fût lisse et chapiteaux ioniques encadre les portes des 3 nefs et soutient un entablement à forte corniche moulurée. Au-dessus, des colonnes géminées à fût lisse et chapiteaux corinthiens supportent un fronton triangulaire. Deux pyramidons terminent les acrotères de part et d'autre de l'étage supérieur. Au-dessus des portes, dans des niches, 3 statues, Saint-Michel terrassant le Démon, au centre, à gauche Saint-Maurice patron de la maison de Savoie, dont dépendait Menton, et à droite Saint-Roch, protecteur en temps d'épidémies et très vénéré à Menton. Deux clochers encadrent cette façade.

La tour de l'horloge, construite sur le soubassement d'un clocher du XIVe, s'achève par une coupole en tuiles vernissées ; Le campanile s'élève à 53 m. Ses 5 étages sont rythmés par des piliers à chapiteaux supportant un entablement orné de motifs architecturaux. Une coupole à tuiles vernissées et à clocheton termine cet ensemble.

L'église fut toujours entretenue au cours des siècles par les fidèles. Au XIXe, des travaux importants furent entrepris. Par mesure de sécurité le lanternon au-dessus de la croisée du transept fut démoli. La voûte de la nef fut reprise et repeinte par Bistolfi. Après le tremblement de terre de 1887 Novaro restaure toute l'église.

D'autre part, les chapelles latérales ont été aménagé au fil des siècles. -Elles étaient concédées à de riches familles mentonnaises. Les deux dernières chapelles sont terminées par la Commune en 1806, celle du Baptistère et du Sacré-Cœur.

Les comptes de la commune ont permis de suivre une grande partie des étapes de la construction. Ainsi un acte de décès du 7 Avril 1643 relate la mort accidentelle, au Cap Martin, de François Faraldo, écrasé par le tambour d'une colonne qu'il transportait pour la construction de l'église. Cet acte implique donc que les tambours des colonnes étaient taillés à la Turbie, descendus vers le Cap Martin et de là embarqués pour être transportés en bateau jusqu'à Menton. Ces comptes de la commune sont extrêmement précieux pour suivre la construction mais aussi les travaux postérieurs de l'église Saint-Michel.

Eglise Saint - Michel - Vue de la Nef central et du cœur



                                                                                                                                                                

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